[size=150:3hcgn60o]BDSM safe, sane, consensual : réflexions réelles sur les pratiques virtuelles
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Notre monde BDSM comporte une grande diversité de pratiquants. Certains jouent au BDSM, d’autres le vivent. Certains vivent leur BDSM à travers la communication écrite et les jeux vidéo (Second Life, The Palace par exemple), d’autres vivent leur BDSM en face à face, dans des lieux dédiés ou chez eux, d’autres encore, adoptant une « voie du milieu », vivent leurs pratiques en se mettant en scène par webcam interposé. La virtualité BDSM peut être virtualité du relationnel (je prends ce rôle-ci et toi celui-là) (nous exclurons celle-ci de notre réflexion), virtualité de la pratique (mon avatar se met à genoux en adoration devant le tien), virtualité du media (je fais ce que tu veux que je fasse, et tu m’observes et me contrôles à travers un moyen dit « multimédia »).
Devant la diversité de ces pratiques se pose une question qui importe pour beaucoup de nos membres : la sécurité. En BDSM classique, plusieurs écoles existent : celle qui impose le safeword, celle qui n’en fait pas usage du fait de l’observation attentive et de l’écoute entre le Top et le Bottom.
Définissons le safeword pour bien le comprendre. Le safeword est un mot-clé (ou signe-clé quelconque) par lequel on indique que la pratique doit s’arrêter immédiatement et que toute contrainte doit être relâchée, que l’on doit sortir des rôles établis et rétablir une situation de confort. C’est une précaution utile pour les pratiquants débutants, ou qui ne se connaissent pas bien, ou qui ont besoin de ce filet de sécurité pour toute raison qui les regarde. C’est une pratique parfaitement respectable.
Où se trouve l’utilité du safeword ? Le safeword permet, avant toute chose, le relâchement de toute contrainte. Exemple : je suis suspendue, je me sens mal, le safeword donné va faire que je vais être immédiatement relâchée et ramenée à une situation de confort.
On se rend compte que l’utilité d’un tel dispositif est nulle dès qu’une dose de virtualité se trouve dans la relation : impossible pour MaitreCuir69 de relâcher SoumisePiggy24 qui a pratiqué un autobondage en webcam du fin fond de la Dordogne, à moins qu’il ait un hélicoptère et traverse le massif central à toute vitesse (et dispose des clés de la malheureuse, qui s’est enfermée dans sa chambre).
Dans une relation BDSM virtuelle, il faut que les deux participants soient des adultes responsables et conscients de leurs limites. Je n’ai pas de possibilité d’intervenir pour l’autre, je ne peux pas le soulager, le libérer, le dé-contraindre. Le seul contrôle que j’ai sur l’autre, c’est celui de ma toute virtuelle autorité à travers la webcam. L’autre est chargé de réaliser ce que je dis, il lui appartient aussi de ne pas se nuire et d’assurer avant toute chose sa préservation. Si SoumisVampire80 est hémophile, et que je lui ordonne de s’asseoir sur des punaises, s’il le fait et se vide de son sang, c’est sa responsabilité intégrale. Si, sachant qu’il est hémophile, je lui ordonne de nuire à l’intégrité de son système circulatoire, c’est moi qui suis responsable. Autrement, c’est lui qui se fait dépasser par son désir de soumission et oublie de mettre en œuvre le bon sens le plus élémentaire.
Nous sommes sur un site pour adultes, et qui plus est pour adultes avertis, qui recherchent du BDSM, des pratiques qui ne sont pas réputées pour être très innocentes. Il apparaît donc essentiel que chacun prenne ses responsabilités et fasse preuve d’honnêteté, tant vis-à-vis de lui-même que de ses « partenaires de jeux ». Les dominants ne sont pas (du moins ceux qui le seraient ne sont pas les bienvenus ici semble-t-il) des barbares insensibles, et les soumis ne sont pas des souffre-douleurs dépersonnalisés. Un dominant n’en voudra jamais à un soumis qui souffre du dos de ne pas se mettre à 4 pattes ou de faire le pont (ou alors, ce dominant est un sale c** et il n’a rien à faire ici, sa place est plus dans un goulag nord-coréen à gardienner). Encore faut-il le savoir.
Je vous invite à participer à la question, et à enrichir notre savoir collectif en participant à ce débat.
Mes respectueuses salutations aux dominants, et les affectueuses aux soumis.
Réflexions réelles sur les pratiques virtuelles
il y a 13 ans
Bonjour Chloé, bonjour à toutes et à tous,
Bonne idée de lancer ce débat.
Il me semble que, que ce soit en virtuel ou en réel (mais c'est sans doute encore plus important en virtuel, à moins de ne se limiter qu'à des pratiques vraiment sans risques), ce qui est important c'est la connaissance et la perception du ou de la soumis(e) par le Maître ou la Maîtresse.
Le safeword est utile, mais le ou la soumis(e) peut ne pas l' utiliser en temps voulu, par peur de décevoir son Maître ou sa Maîtresse ou tout simplement parce qu'il ou elle a atteint l'état de subspace et n'est donc plus capable de réaliser que ses limites sont atteintes.
Une bonne Maîtresse ou un bon Maître saura reconnaitre, à travers des signes du corps du soumis, son regard... que les limites sont atteintes.
Mais je reste très dubitatif sur la possibilité de porter de tels jugements en virtuel. Sachant qu'en outre, comme vous le signalez à juste titre, le safeword ne sert à rien en virtuel, il me semble que le virtuel doit se limiter à des jeux très softs...
Mes salutations respectueuses aux Maîtresses et Maîtres et amicales aux soumis(e)s
Bonne idée de lancer ce débat.
Il me semble que, que ce soit en virtuel ou en réel (mais c'est sans doute encore plus important en virtuel, à moins de ne se limiter qu'à des pratiques vraiment sans risques), ce qui est important c'est la connaissance et la perception du ou de la soumis(e) par le Maître ou la Maîtresse.
Le safeword est utile, mais le ou la soumis(e) peut ne pas l' utiliser en temps voulu, par peur de décevoir son Maître ou sa Maîtresse ou tout simplement parce qu'il ou elle a atteint l'état de subspace et n'est donc plus capable de réaliser que ses limites sont atteintes.
Une bonne Maîtresse ou un bon Maître saura reconnaitre, à travers des signes du corps du soumis, son regard... que les limites sont atteintes.
Mais je reste très dubitatif sur la possibilité de porter de tels jugements en virtuel. Sachant qu'en outre, comme vous le signalez à juste titre, le safeword ne sert à rien en virtuel, il me semble que le virtuel doit se limiter à des jeux très softs...
Mes salutations respectueuses aux Maîtresses et Maîtres et amicales aux soumis(e)s
il y a 13 ans
Bonjour Ludic2, rebonjour à tous,
Il me semble important de ne pas se montrer trop "excluant" vis à vis des pratiquants virtuels, mais d'éviter certaines grandes catégories :
- Suspensions / immobilisations inconfortables
- Jeux où l'évanouissement est possible
- Jeux de voltige
- ...autre chose ? Mon imagination a des limites.
Pour le reste (obéissance, humiliations, simulacres de punitions, voire punitions réelles) je ne vois pas de veto hormis en cas de problèmes de santé particuliers.
On peut aller assez loin dans le "hard", tant qu'on ne rentre pas dans le dangereux.
Il me semble important de ne pas se montrer trop "excluant" vis à vis des pratiquants virtuels, mais d'éviter certaines grandes catégories :
- Suspensions / immobilisations inconfortables
- Jeux où l'évanouissement est possible
- Jeux de voltige
- ...autre chose ? Mon imagination a des limites.
Pour le reste (obéissance, humiliations, simulacres de punitions, voire punitions réelles) je ne vois pas de veto hormis en cas de problèmes de santé particuliers.
On peut aller assez loin dans le "hard", tant qu'on ne rentre pas dans le dangereux.
il y a 13 ans
D'accord avec vous Chloé, mais où commence le "dangereux' pour un soumis particulièrement masochiste?
Vous pouvez demander une simulation d'étranglement par exemple et vous, dominant, vous entendez bien ce que signifie "simuler" mais lui le soumis masochiste? Qu'entend t-il vraiment?
je ne cite que cet exemple mais il il y en a bien d'autres.
C'est pourquoi saadienne et moi ne sommes pas virtuels ou si nous le sommes ce sera pour des humiliations et rien d'autre.
Le virtuel restera le virtuel, c'est à dire sans contrôle physique, ce qui sur le plan cérébral est frustrant à notre avis, impersonnel pour ne pas dire triste, mais peut s'avèrer dangereux.
Vous pouvez demander une simulation d'étranglement par exemple et vous, dominant, vous entendez bien ce que signifie "simuler" mais lui le soumis masochiste? Qu'entend t-il vraiment?
je ne cite que cet exemple mais il il y en a bien d'autres.
C'est pourquoi saadienne et moi ne sommes pas virtuels ou si nous le sommes ce sera pour des humiliations et rien d'autre.
Le virtuel restera le virtuel, c'est à dire sans contrôle physique, ce qui sur le plan cérébral est frustrant à notre avis, impersonnel pour ne pas dire triste, mais peut s'avèrer dangereux.
il y a 13 ans
Oh que je suis d'accord avec vous, Monsieur. Le virtuel a un sens pour des humiliations, et des petits jeux ludo-éducatifs, mais pour le reste... il ne peut avoir un poids qu'avec une relation fermement établie par ailleurs, où on sait que l'autre est pleinement subjugué (sous le joug... ça veut bien dire ce que ça veut dire).
il y a 13 ans
Bonjour ou rebonjour,
C'est sûr qu'il manque dans le virtuel quelque chose de fondamental; les échanges qui ne s'expriment pas forcément (et souvent pas) par des mots, mais par des expressions, des regards... donc effectivement frustrant sur le plan cérébral et potentiellement dangereux comme le dit maridesaadienne.
Mes salutations respectueuses aux Maîtresses et Maîtres et amicales aux soumis(e)s
C'est sûr qu'il manque dans le virtuel quelque chose de fondamental; les échanges qui ne s'expriment pas forcément (et souvent pas) par des mots, mais par des expressions, des regards... donc effectivement frustrant sur le plan cérébral et potentiellement dangereux comme le dit maridesaadienne.
Mes salutations respectueuses aux Maîtresses et Maîtres et amicales aux soumis(e)s
il y a 13 ans